Appels à projets : apprenez à les dompter pour mieux vous financer

Appels à projets : apprenez à les dompter pour mieux vous financer

Lancer et pérenniser son projet animalier n’est jamais chose facile. C’est souvent au moment de la recherche de financements que la solidité du projet est mise à la plus rude épreuve. Dans cet article, nous allons nous intéresser à l’intérêt que peuvent représenter les appels à projets, dans le cadre du financement de votre projet de ferme pédagogique, de médiation animale, ou de tout autre projet à valeur environnementale, sociale… Comment s’y prendre, comment les aborder, comment optimiser mes chances d’obtenir des financements ? Voici notre analyse en 4 points clés.

<< Dans la même thématique, retrouvez notre article Comment financer son projet animalier ou sa ferme pédagogique ? >>

Un appel à projets poursuit un objectif précis… pas forcément le votre

Ce premier point vise à insister sur le fait qu’aucun appel à projets, théoriquement, n’a été créé sur mesure pour votre projet. En effet, il aura pour objet principal de répondre à un objectif que le donneur d’ordre s’est fixé. Cela peut s’inscrire, par exemple, dans le cadre :

  • d’une politique publique, sous l’impulsion d’un projet politique
  • d’une politique de mécénat / de philanthropie, portée par une entreprise (publique ou privée)

En candidatant, vous devez vous assurer que votre proposition répond vraiment au cahier des charges du financeur. En d’autres termes : vous poursuivez le même but, ou presque. Cela doit vous inciter à diviser votre activité en projets distincts. Si vous cherchez à tout prix à passer en force pour faire financer votre projet dans sa globalité, alors que cela n’a rien à voir avec l’AP, alors vous perdrez beaucoup de temps pour rien…

Mieux comprendre le financeur de l’appel à projets pour mieux le séduire

Un appel à projets est souvent l’émanation d’une politique publique. Elle est menée par une collectivité territoriale (mairie, intercommunalité, département, région), ou par un ministère, qui normalement a la compétence pour agir dans ce domaine.

Les budgets sont votés en assemblée (souvent par la majorité politique) et donc répond à une sensibilité particulière. Les budgets seront ensuite confiés à des agents territoriaux (ou ministériels), qui gèrent l’application de l’appel à projets.

Conclusion : en vous intéressant à QUI publie l’appel à projets, vous pourrez en déduire leur priorité, et vous y adapter. Sur le fonds (projet) comme sur la forme (dossier) ! Par exemple :

  • Les départements sont sensibles à l’impact touristique sur le territoire
  • Les régions mesurent l’impact économique et social des actions qu’elles financent
  • Les mairies sont attentives au dynamisme local qu’un projet peut apporter

Si, quand vous candidatez, vous devez y avoir un intérêt, bien sûr, il ne faut pas non plus oublier que vous devez d’abord répondre à un cahier des charges. Choisissez vos combats. Demandez-vous si cela répond à votre besoin et à vos objectifs, et investissez-vous à fond quand le projet vaut le coup. Pour résumer : lisez le cahier des charges !!!

Les appels à projets sont éphémères…

Et donc il faut les surveiller… Combien de personnes ont déjà été frustrées de tomber presque par hasard sur un appel à projets qui se terminait « hier », et qui correspondaient en tous points à leur projet ?

Ne passez pas à côté d’une vraie opportunité : mettez en place une veille efficace. Efficace signifiant que vous n’avez pas besoin d’y passer des heures, mais que vous devez optimiser la recherche d’information. Vous pouvez notamment :

  • vous abonner aux Newsletters des collectivités dont vous dépendez (de la mairie jusqu’à la région)
  • de même pour les Ministères qui vous intéressent. Il peut en y avoir plusieurs. Pour une ferme pédagogique par exemple, on peut suivre de nombreux portefeuilles ministériels : écologie, éducation, agriculture, affaires sociales, handicap, sports et jeunesse, culture, etc.
  • suivre des fondations et autres institutions thématiques
  • mettre en place des alertes (cf l’outil gratuit « Google Alerts ») sur la base de mots clés
  • vous abonner à des groupes d’échanges (cf groupe Facebook « Vivre de sa Passion pour les animaux, la nature et l’humain ») ou à des sites spécialisés, comme appelaprojets.org

… éphémères mais nombreux !

C’est la bonne nouvelle dans tout ça : des appels à projets, il y en a tout le temps, et partout ! Ils remplacent d’ailleurs de plus en plus les subventions directes. C’est une réponse à un encadrement strict des subventions en France, et en Europe. Il n’est quasiment plus possible aujourd’hui d’attribuer des subventions sans qu’elles s’inscrivent dans un appel à projets.

Dans cette situation, il faudra donc que vous ayez une réelle stratégie de réponse à des appels à projets. Chacun d’entre eux peut avoir des cahiers de charges contradictoires, et une même dépense ne pourra peut-être pas légalement être financée deux fois.

En conclusion sur les appels à projets

Les appels à projets sont nombreux mais éphémères. Pour ne pas les louper, il faut mettre en place une veille efficace. N’hésitez pas à désigner une personne de votre équipe responsable des réponses aux appels à projets, et communiquez largement au sein de votre équipe.

Chaque année, fixez-vous des objectifs, en hiérarchisant ce qui devrait absolument être financé, et ce qui le sera si possible. Cela vous sera utile, car vous trouverez de nombreux appels à projets, et il ne faudra pas partir dans tous les sens, par opportunisme, si cela n’a pas été identifié comme stratégique.

Au moment de choisir les dossiers auxquels vous allez candidater, essayez de comprendre les intentions du financeur, son projet global et ses critères de sélection. Enfin, demandez-vous en quoi vous pouvez répondre à ses attentes, sans trahir vos objectifs et votre projet de départ.

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