Les animaux agissent-ils vraiment sur la santé mentale des enfants ?

Les animaux agissent-ils vraiment sur la santé mentale des enfants ?

Les animaux agissent-ils vraiment sur la santé mentale des enfants ? Qu’entend-on par là, et comment s’y retrouver entre les mythes et la réalité scientifique ? Je vous propose non pas un article mais une série de 3 chapitres. Nous allons décrypter cette relation toute particulière qu’il existe entre l’enfant et l’animal.

Cet article est disponible en version texte et en version vidéo/audio

Découvrez aussi notre article sur la relation enfant/animal vue par les sciences de la communication ! Cliquez ici pour lire l’article


On va donc y aller en trois étapes. Dans les prochaines parties je vous parlerai de l’impact éducatif que l’animal peut avoir sur les enfants. Mais aussi de l’émergence de la citoyenneté chez les plus jeunes. Grâce à la nature et aux animaux. Mais concentrons nous d’abord sur notre premier sujet, qui traite de la santé mentale…


La santé mentale est un concept dont les contours sont bien définis  par l’Organisation mondiale de la Santé. Elle fait l’objet d’un large éventail d’activités qui relèvent directement ou indirectement du « bien-être », tel qu’il figure dans la définition de la santé établie par l’OMS comme étant « un état de complet bien-être physique, mental et social, et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». La santé mentale englobe la promotion du bien-être, la prévention des troubles mentaux, le traitement et la réadaptation des personnes atteintes de ces troubles.

Les animaux agissent-ils vraiment sur la santé mentale des enfants ? Ici une petite fille avec son chat.

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3 questions se posent à nous sur la relation animaux-enfants
-Quels effets peut avoir l’animal sur le bien-être d’un enfant ?
-Existe-t-il un âge où ces effets sont plus importants ?
-Quelles limites existent-ils dans cette approche ?

Les effets mesurables de l’animal sur le bien-être d’un enfant et sur sa santé mentale

Pendant très longtemps, c’est un sujet qui était pressenti, mais qui n’avait jamais fait l’objet d’études approfondies. Il aura fallu attendre le 27 février 2017 pour qu’une revue internationale, le « International Journal of Environmental Public Health » publie les résultats de 22 études. Cela combine plusieurs professions comme des vétérinaires, des épidémiologistes, des psychologues ou des nutritionnistes…

Voici un extrait de cet article, que je vous traduis : « Les relations sociales sont fondamentales pour le développement de l’enfant et de l’adolescent ; jusqu’à présent les études se sont limitées aux relations que les enfants ont avec d’autres humains. »
Ce papier fournit un ensemble de preuves sur les possibles associations entre le fait d’avoir un animal domestique, d’une part, et des bénéfices émotionnels, comportementaux, cognitifs, éducatifs, et relatifs au développement social.

La présence d’un animal au sein du foyer améliore l’estime de soi de l’enfant

L’un des principaux effets qui est cité dans cette publication scientifique, c’est sur l’estime de soi. Une interaction avec un animal domestique permet à un enfant de mieux s’estimer. Cela dépend du niveau d’attachement qu’éprouve l’enfant pour son animal. Plus l’enfant éprouve un attachement fort envers lui, mieux l’enfant aura tendance à s’estimer. Ceci peut être expliqué par le fait que de nombreux enfants jugent la relation avec leurs animaux plus importante et plus forte qu’une relation avec un humain. En effet, l’animal ne juge pas et nous retourne l’affection, l’enfant ou l’adolescent est alors mis en confiance.

Les relations sociales sont fondamentales pour le développement de l’enfant et de l’adolescent ; jusqu’à présent les études se sont limitées aux relations que les enfants ont avec d’autres humains.
Sur cette image, une petite fille et son chien se regardent intensément dans les yeux.

Le second des effets va porter sur la solitude de l’enfant

Les jeunes possédant des animaux sont moins à même de se sentir seuls. Le fait d’être propriétaire d’un animal a un effet protecteur. Une interaction réelle entre les deux se met en place : la sensation de solitude en est alors significativement réduite. L’attachement d’un enfant pour son compagnon est alors reflété par le développement de son réseau social. Il a été mis en évidence que plus l’enfant est attaché à son animal, plus son réseau social est étendu. L’animal joue ainsi un rôle de « prédicteur » influençant le bien-être social de l’enfant. (toujours lié au fait que la relation avec l’animal augmente l’estime de soi).

Le troisième effet : la réduction de l’anxiété.

Sur cet effet, l’étude se concentre notamment sur le fait de posséder un chien. Le chien permet à nos enfants d’être moins anxieux. Ce compagnon à 4 pattes est capable, à titre préventif, de réduire l’anxiété de la séparation et l’anxiété sociale. Cependant, le nombre d’études concernant ce sujet reste très faible… Des recherches complémentaires sont nécessaires pour réellement confirmer cet effet.

Le comportement de l’enfant avec la présence d’animaux au sein du foyer peut s’améliorer.

Il a été relevé que l’enfant se montre plus coopératif et se comporte mieux. Notamment avec ses parents et les adultes à partir de 1 mois après l’adoption d’un chien. De plus, le fait d’être propriétaire d’animaux augmente nettement la responsabilisation de l’enfant. Avoir un animal à la maison permet de sensibiliser l’enfant à s’occuper de son animal et de prendre soin de lui. Cela lui donne des responsabilités adaptées à son âge. Ceci permet donc de responsabiliser l’enfant en général, dans sa vie quotidienne et non uniquement envers son compagnon. De cette manière, l’enfant devient de plus en plus autonome.

Un mois après l'adoption d'un chien, le comportement de l'enfant peut déjà commencer à s'améliorer. Sur cette image, un tout petit assis sur l'herbe avec un chiot à ses côtés.

Le développement cognitif de l’enfant, et son éducation à travers l’animal

Un enfant ayant un thème ou un sujet qu’il se représente bien et connait, qu’il aime, et qui se ramène à sa vie de tous les jours apprend beaucoup plus vite sur ce sujet. De la même manière, l’animal serait alors un facteur de motivation pour l’enfant dans le cadre de son apprentissage.

Pour mieux comprendre en quoi notre animal de compagnie rend plus efficace l’éducation de nos enfants, rendez-vous dans la suite de cette série !

Des bénéfices notables jusqu’à 6 ans, puis après 10 ans.

Une question importante : quand l’animal a-t-il un réel effet sur le développement de l’enfant ? A quel moment leur interaction a-t-elle un vrai bénéfice ?

L’étude de l’ERPH démontre que l’effet de notre compagnon sur l’enfant est différent en fonction de son âge. Un enfant de moins de 6 ans est plus réceptif à l’animal et a plus d’interaction avec lui qu’un enfant entre 6 et 10 ans par exemple. En effet, un jeune accorde plus d’importance et plus d’affection à son compagnon qu’un enfant ayant commencé à devenir plus indépendant (de même que pour l’affection parentale qu’il peut éprouver). Il y a donc une période de « creux » jusqu’à 10 ans environ. Période où l’enfant évolue, essaye de devenir plus autonome et délaisse légèrement l’animal. Il se tourne vers une réelle sociabilisation avec les humains. Après 10 ans, et vers l’adolescence, le comportement de l’enfant s’est alors développé. Il renoue souvent des liens avec son animal, ce dernier influençant à nouveau le développement de son propriétaire de manière significative.

Quand l’animal a-t-il un réel effet sur le développement de l’enfant ? A quel moment leur interaction a-t-elle un vrai bénéfice ?

L’adoption du premier animal a différents impacts sur l’enfant selon son âge. Il est ainsi plus bénéfique d’adopter son premier animal lorsque l’enfant a moins de 6 ans. Ceci permet de créer des liens plus forts. On peut observer de plus grands bénéfices au cours de l’évolution et de l’apprentissage de l’enfant. L’interaction entre un animal et son jeune propriétaire présente ainsi des résultats reposant en grande partie sur la santé émotionnelle de l’enfant.

ATTENTION ! LISEZ BIEN CETTE DERNIERE PARTIE…

Cette dernière partie s’adresse à vous, parents, qui venez de vous dire « bon sang mais c’est bien sûr, il nous faut un animal de compagnie pour notre enfant ».

Respirez un grand coup, et restez encore quelques secondes avec moi… Parce que ce que je viens de vous décrire comporte quand même 3 grosses limites…

1ère limite : l’animal n’est pas un médicament pour l’enfant, ni une recette miracle.

Adopter un animal pour son enfant est une bonne initiative à condition d'avoir la certitude que votre mode de vie conviendra à l'animal, et que votre décision est réfléchie. Un animal n'est pas fait pour être abandonné...

Quand on parle d’une relation entre deux être vivants, rien n’est jamais simpliste. L’animal ne remplacera bien-sûr pas la socialisation avec les humains, l’importance de l’éducation des parents, et l’attention que vous pouvez lui portez. Quand on parle de la solitude par exemple, l’animal n’est évidemment pas une excuse pour être absent et délaisser un enfant. Voyez l’animal de compagnie comme un membre de la famille, qui a des apports positifs, mais qui ne remplace pas les fonctions des autres membres de la famille.

La seconde limite, c’est qu’au bout du bout, c’est vous qui êtes responsable de l’animal que vous choisissez d’adopter.

Vous n’avez pas le choix, si vous avez un animal à la maison, de garantir son bien-être, sa sécurité, son alimentation, son confort, etc. Qu’adviendra-t-il si vous avez des horaires incompatibles, ou si l’enfant délaisse peu à peu son compagnon ? C’est votre responsabilité, et elle va jusqu’à la fin de la vie de l’animal. Vous devez donc vous assurer que votre mode de vie est compatible avec l’adoption d’un chien, d’un chat, ou de tout autre animal domestique.

Troisième limite, c’est que l’adoption d’un animal ne suffit pas.

Ou du moins, vous aurez tout à gagner à multiplier les approches éducatives avec votre enfant. Avoir un animal ne vous empêche pas de proposer d’autres activités à votre enfant, en lien avec la nature par exemple, pour démultiplier la sensibilisation à l’environnement et au vivant que vous avez déjà entamée. Les fermes pédagogiques et éducatives sont par exemple un endroit où vous trouverez de nombreux professionnels formés, qui pourront vous accompagner dans cette démarche. Sans oublier l’art, le jeu, la détente et les plaisirs familiaux…

Dans la suite de cette série, je vous proposerai de parler de comment l’animal peut favoriser l’éducation de l’enfant, et nous aborderons aussi la question de la citoyenneté.

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Merci d’avoir lu cet article, et à bientôt !
Tristan FERRE, entrepreneur passionné
Fondateur des Entrepreneurs Animaliers

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