La nature et la citoyenneté de l’enfant

La nature et la citoyenneté de l’enfant

Les animaux et la nature peuvent-ils faire de nos enfants de vrais citoyens et de vrais écocitoyens. Si oui comment ? C’est ce que nous allons voir dans ce troisième et dernier volet de la série sur la relation enfant-animal.

Nous arrivons à la troisième et dernière étape de notre voyage sur la thématique de la relation entre l’enfant et le monde vivant. Dans la première partie, vous avez découvert comment la science analyse la relation enfant-animal, sur le plan de la santé mentale. Néanmoins on a notamment vu que l’animal a un impact non négligeable sur le bien-être de l’enfant, sur son estime, sur son anxiété et sur son comportement. Dans la seconde, je vous ai parlé de l’impact que l’animal peut avoir sur l’éducation de l’enfant, et sur sa relation au monde. Aujourd’hui je vous emmène vers un tout autre sujet. L’émergence de la citoyenneté chez les plus jeunes, grâce à la nature et aux animaux.

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Découvrez notre deuxième article sur notre saga de la relation enfant/animal ! Cliquez ici pour lire l’article

La citoyenneté qu’est-ce que c’est ?

Arrêtons-nous quelques instants sur le sens du terme citoyenneté.

Le terme de citoyen (civis en latin) nait en Grèce en même temps que le mot cité. Il est intimement lié à la notion de république (« chose publique »). Être citoyen peut donc être raccourci au fait de faire partie de la vie de la cité. Aujourd’hui c’est un terme à la croisée des chemins entre une notion philosophique ( jouir d’une certaine liberté en tant qu’individu, tout en acceptant des règles collectives. Règles collectives qui sont de l’ordre du bien commun) et une notion juridique (les droits, les devoirs, l’intérêt général). Dans la civilisation française, nous avons une exception culturelle qui inclue la laïcité. Ce qui n’est pas le cas de nombreuses autres démocraties.

Faire d’un enfant un citoyen, ce n’est pas le politiser. Ce n’est pas le contraindre à prendre position dès son plus jeune âge. C’est davantage le sensibiliser aux valeurs citoyennes, lui faire aimer ce qui est positif par une action permanente de renforcement. C’est lui apprendre les bons gestes et le respect de ce qui l’entoure.

Le « lieu nature » favorise la mixité sociale

Avant de vous parler de comment on peut faire aimer le « lieu nature » pour mieux défendre la nature. Je voudrais vous parler de ce que ce lieu peut créer, au sein même de la société.

En Novembre 2020, j’ai publié une interview de Sophie LAMIDEY, coordinatrice d’une ferme pédagogique implantée au cœur d’un quartier populaire. Je vous cite une partie de son interview :

« Une ferme implantée dans un quartier populaire favorise la mixité sociale. Car on vient d’autres quartiers, d’autres villes, d’autres départements pour visiter le site. De ce fait découvrir un lieu et des habitants qu’on ne connait pas. »

En fait quand vous visitez cette ferme pédagogique, vous vous rendez rapidement compte de l’intérêt de cette mixité sociale. Au-delà même de l’aspect géographique, ethnique, ou même religieux, il n’est pas rare par exemple qu’une école visite la ferme au même moment qu’un groupe de personnes handicapées. Ou des personnes qu’elles n’ont pas l’habitude de croiser.

Les personnes seront attirées par le même animal, par le même arbre qui est plus beau et plus grand que les autres. Puis d’un seul coup des individus qui sont très différents vont se retrouver sur une valeur commune, un intérêt commun. Au-début, peut-être que les enfants vont poser des questions : « pourquoi l’autre enfant est noir », « pourquoi elle est dans un fauteuil roulant », « pourquoi il parle bizarrement ». C’est justement le meilleur moment pour créer une connexion et sensibiliser à la différence. Peu à peu, les individus vont aller l’un vers l’autre, car ils sentent qu’ils sont dans le même camp. Celle de celui qui veut caresser le même âne, oui qui vise le même gros tas de feuilles d’automne.

Vous voyez là tout l’intérêt de ces lieux « nature » qui effacent les différences pour laisser place à la tolérance.

L’éducation des enfants à la nature : objectif éco-citoyenneté

« Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson. Alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible. »

Proverbe indien

Ce proverbe indien résume en quelques mots à peine la situation dans laquelle nous sommes. L’humanité, pourtant une espèce animale comme une autre, ne se sent plus membre à part entière de la nature. Cela se voit bien en ce moment, il suffit de lire les slogans « nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend », pour comprendre que nous nous sommes éloignés de notre état de nature.

Loin d’être une lubie de quelques bobos en manque d’arbres et de verdure. L’éducation des plus jeunes à la nature devient alors une cause humanitaire. Si nous voulons que nos enfants nous surpassent en termes de citoyenneté et d’écocitoyenneté, nous devons leur offrir dès le plus jeune âge, l’opportunité de se sentir écocitoyens.

L’enfant et la nature : « Le grand secret du lien »

C’est une problématique que l’on retrouve bien dans les écrits de Frédéric Plénard. Comme « L’enfant et la nature » ou les films documentaires qu’il a réalisés. « Le lien » et « Le Grand Secret du Lien », dont voici le synopsis :

Pierre Rabhi, paysan philosophe et d’autres « sages » accueillent 50 enfants, adolescents venus de 5 régions de France au cœur de l’Ardèche. Ces jeunes vont recevoir une mission : retrouver le Grand Secret du Lien. Perdu depuis que les êtres humains se sont détachés de la nature. Ils auront un an pour retrouver la conscience de leur appartenance à la Terre… Pour les aider, des pédagogues de la perception et des éducateurs vont les accompagner. Ils vont faire un voyage de 25 jours dans l’espace… naturel.

Je vous laisse deviner l’impact que cette connexion aura sur ces futurs adultes, tout au long de leur vie. C’est parce qu’on leur a appris à aimer la nature et le monde vivant, qu’ils le protègeront. Afin d’en prendre soin comme un ami ou une famille dont on se sent membre.

Des idées et des solutions concrètes

Si on rentre dans le concret, dans le « comment », je vous conseille le livre « jouer avec la nature » D’Elise Mareuil, aux éditions DUNOD.

Il y a d’ailleurs un chapitre dédié à la protection de l’environnement qui est très intéressant. Mais au-delà de ce chapitre en particulier, Elise MAREUIL vous propose de nombreuses activités ludiques qui correspondent au stade de développement du jeune enfant. Qui en plus vont le sensibiliser au respect de la vie animale, aux valeurs de partage, etc. Ce livre me semble idéal si vous êtes jeune parent et que vous voulez vous y mettre vous-même. Cependant il conviendra aussi si vous êtes professionnel(le) de l’éducation à la nature, et que vous êtes en quête d’idées concrètes.

Bien sûr, c’est par la multiplication des occasions de rencontre que l’on pourra offrir à l’enfant une pluralité dans ses sensibilités. Le monde est complexe, il faut le faire découvrir dans sa complexité. Pour cela, l’ensemble des professions qui participent au développement du jeune enfant doivent se sensibiliser aux thématiques de citoyenneté et d’écocitoyenneté.

Des ateliers nature à destination de l’enfant

Pour pouvoir créer et animer des ateliers nature à destination de la petite enfance, dans cet objectif, il convient au préalable de maitriser les besoins du jeune enfant, de savoir se repérer dans son mode de développement, de maitriser les méthodes éducatives, qu’elles soient traditionnelles ou alternatives. Puis bien-sûr d’être à l’aise avec l’élément « nature » pour que chaque rencontre se fasse en toute sécurité.

Dans notre formation « Créer et animer des ateliers « nature » à destination de la petite enfance » développée avec notre formatrice Cindy Françoise, nous adressons l’aspect professionnel des pratiques de médiation par la nature, et de médiation par l’animal, comme l’un des modes d’accès à la nature pour l’enfant.

Découvrez toutes les informations sur notre formation « Créer et animer des ateliers nature à destination de la petite enfance » en cliquant ici !

Cette série en trois volets sur la relation enfant-animal et enfant-nature est terminée. J’espère que vous l’avez aimé et surtout qu’elle vous aura été utile.

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Et si vous avez envie d’en savoir plus, vous pouvez télécharger gratuitement la liste des 10 livres qu’il faut absolument avoir lu quand on parle d’éducation des enfants à l’environnement. Pour l’obtenir, il vous suffit de cliquer sur le lien qui s’affiche sous la vidéo, en description et en commentaire.

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Portez-vous bien !

Merci d’avoir lu cet article, et à bientôt !
Tristan FERRE, entrepreneur passionné
Fondateur des Entrepreneurs Animaliers

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